Je m’appelle Alzare MOKKAN et depuis que je suis gone, je dessine. La magie du crayon posé sur le papier qui transforme l’imagination en réalité, je n’ai jamais pu en décrocher. Alors j’ai créé un studio. Je l’ai appelé Studio du Singe Fromage et si vous voulez savoir pourquoi c’est par-là. Avec ce studio, je fais du franga -du manga français- ce qui pour moi correspond à rendre ce qui m’a été donné quand j’étais enfant (céder à la curiosité et en savoir plus).

Pourquoi studio du singe fromage ?

Au départ, je l’avais appelé Cheese Monkey Studio, parce que ça faisait américain -donc cool- et parce qu’à ce moment-là c’est comme ça que l’on surnommait les français outre-Atlantique dans certains milieux médiatiques et politiques, le sobriquet complet étant < < Cheese-eating surrender monkeys > >. L’anglais n’étant à la réflexion pas une langue plus classe qu’une autre et le franga n’ayant pas de rapport avec la culture anglo-saxone, il n’y a pas de raison que le nom ne soit pas en français. Ceci-dit, je prise le singe et encore plus le fromage !

La création du studio !

Que je vous raconte ça -prenez un fauteuil, ou un hamac, c’est mieux- depuis le début. Gone, donc de Lyon, on m’a mis des bandes dessinées dans les pognes chaque fois qu’on voulait que je sois sage, ce qui dans le langage des adultes signifiait immobile et silencieux. Rigolez pas, y en a qui utilisent encore le mot dans ce sens là à la sortie de l’école de votre quartier. Bon. Je lisais. Du moins au début je devinais. Puis je déchiffrais. Puis -l’éducation nationale ayant ce mérite- je parvins enfin à lire ! Et là je découvris vraiment l’enchantement de la bande dessinée. Certains illustrés m’emmenaient dans des aventures extraordinaires en m’apprenant au passage que la vie c’est formidable et que ça vaut vraiment la peine d’y aller. A pas dix ans, j’avais décidé : quand je serai grand, je serai dessinateur de bandes dessinées. On m’a alors dit que termine d’abord tes études et devient plutôt médecin ou avocat parce que ça c’est un vrai métier et qu’après on verra. Ha ? Bon. Je poursuis donc ma scolarité en continuant tout de même à dessiner, pour les copains, pour les copines aussi -surtout- en me demandant bien quel pouvait être le vrai métier des auteurs de B.D. -faut mettre un deuxième point après un acronyme placé en fin de phrase ?- Au lycée on m’a demandé alors mon grand qu’est-ce que tu veux faire après le bac ha bon oui mais ça, B.D., on n’a pas mais on a autre chose qu’a rien à voir mais qui débouche sur de vrais métiers. Ha ? Bon. Et effectivement, après, j’ai pu goûter les vrais métiers. Notez que le travail, j’ai pas attendu la fin de mes études pour croquer dedans -pour ceux qui s’y sont pas encore essayé, c’est dur à l’extérieur et faut faire attention de pas trop forcer parce qu’il y a un noyau costaud dedans- mais là ce fut de vrais emplois, avec contrat, feuille de paie et tout, des emplois sérieux regonflant la machine économique et qui pourtant me laissaient insatisfait, avec l’impression d’oeuvrer à vide. Bref, je faisais des boulots qui ne me plaisaient pas pour gagner de quoi pouvoir continuer à travailler et m’acheter des truc inutiles pour compenser. Un jour, j’en ai eu ma claque. A l’occasion d’un licenciement économique -je me demande qui invente ce genre d’euphémisme- j’ai décidé de remettre ma vie sur ce sentier qui me tentait tant enfant. Je ne mourrai pas sans avoir vécu comme je l’aurais voulu et je participerai de mon mieux à l’évolution de mon espèce. Des bandes dessinées bienveillantes et pleines de connaissances dans un style japonais efficace et sympa je dessinerai désormais pour tous les enfants de la planète ! Et zut aux vrais métiers ! Et nous voici arrivés à la fondation du Studio du Singe Fromage !

Le studio !